dimanche 30 octobre 2011

Questions de temps


Il est beaucoup question du temps aujourd’hui et plus précisément encore de son accélération. Deux exemples. Dans la collection Champs de Flammarion, Nicole Aubert vient de publier Le culte de l’urgence. Dans le cadre de ses rencontres philosophiques, Le Monde organise au Mans le week – end prochain (4, 5 et 6 novembre) un forum intitulé Où est passé le temps?

Comme le souligne Paul Virilio, le moindre des paradoxes du progrès n’est pas que plus nous sommes équipés d’appareils censés nous faire gagner du temps, plus nous avons le sentiment d’en manquer. Autre manifestation du progrès: à force de traverser les fuseaux horaires, nous perdons la notion du temps. Plus ou moins délivrés des contraintes de l’espace, c’est sur le temps que nous concentrons désormais notre volonté de conquête. Et nous réussissons pas mal; tout va de plus en plus vite. Résultat, notre quotidien est marqué par l’urgence, le triomphe de l’immédiat et le règne de l’instantanéité.

Nous vivons une mutation radicale dans notre rapport au temps et “cette mutation, écrit Nicole Aubert, contribue à l’émergence d’un nouveau type d’individu, flexible, pressé, centré sur l’immédiat, le court terme et l’instant, un individu à l’identité incertaine et fragile“. Et là est bien le danger. L’ivresse de l’urgence donne le sentiment de vivre intensément, de vaincre la mort en triomphant du temps. Mais tout cela n’est qu’illusion. Et toute la question est aujourd’hui de savoir comment (re)partir à la (re)conquête du temps. Les philosophes et les sociologues s’emparent du sujet. Les artistes, beaucoup moins quand ils ne participent pas eux–mêmes à l’accélération du temps comme le font les artistes urbains qui restent dans la rue, résistant à l’attrait des cimaises des galeries et des collections privées.

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