Comme beaucoup d'observateurs du monde culturel, Claire Bommelaer, journaliste au Figaro, s'inquiète des propos d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication, au sujet du mécénat (notre message du 18 mai). "Aujourd'hui, l'assertion d'Aurélie Filippetti, écrit Claire Bommelaer, fait mal aux institutions culturelles publiques françaises ou, au minimum, les met mal à l'aise. Les directeurs de musées, châteaux, théâtres ou opéras, ... doivent-ils comprendre que le nouveau gouvernement va faire en sorte de tarir la manne des entreprises? Et, si oui, vers qui devront-ils se tourner pour trouver l'argent nécessaire"?
Claire Bommelaer rappelle à juste titre que depuis 2003, la Loi Aillagon, qui incite les entreprises à financer la culture moyennant des incitations fiscales, a permis de multiplier par trois les sommes consacrées au mécénat culturel en moins de dix ans. Selon la dernière enquête Admical CSA, 494 millions d'euros seront consacrés au mécénat culturel en 2012. On sait que pour 100 euros dédiés à des restaurations d'oeuvres ou de monuments, 66 sont déductibles de l'impôt sur les sociétés et que le pourcentage de déductibilité s'élève à 90% quand l'oeuvre mécénée est un trésor national.
Financés jadis par l'Etat et les sociétés d'amis, les musées et les monuments historiques doivent désormais compter sur la billetterie et les entreprises pour pouvoir fonctionner. A titre d'exemple, le mécénat représente 12,5% du budget du musée du Louvre et couvrira in fine 70% du coût de son nouveau département des arts de l'Islam.
Comment se passer de l'argent privé alors que l'Etat devient impécunieux et qu'il faut absolument réduire le déficit public? Le nom de Wendel sur les murs du Centre Pompidou Metz fait mal à Aurélie Filippetti. Peut-être y-a-t-il encore place pour légiférer à nouveau afin de contenir plus encore le mécénat d'entreprise hors de toute logique de rentabilité et de relations publiques. "En arriver à priver les musées du mécénat des entreprises serait extavagant" conclut Claire Bommelaer.
ENERGIE & CULTURE: Rédaction - Animation - Conseil en communication culturelle
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lundi 28 mai 2012
lundi 9 avril 2012
Enquête 2012 d’Admical: focus sur la culture
La part des
entreprises de 200 salariés et plus est plus importante dans le domaine de la
culture (15 %) que dans l’ensemble des entreprises mécènes, tous domaines
confondus, où elles représentent une part de 7 %.
Les PME
se trouvent parfois trop petites pour s’engager auprès de grandes institutions,
et les structures culturelles de plus petites tailles sont souvent mal
préparées pour engager un partenariat utile pour les PME. Les PME sont tout de
même les mécènes de la culture les plus nombreux, comme dans les autres
domaines, ce qui montre bien que la petite taille de l’entreprise n’est pas un
obstacle. Pour maximiser leurs soutiens, elles s’organisent en clubs, se
regroupent auprès de musées locaux, de lieux de spectacle, …
Dans le
mécénat d’entreprise en faveur de la culture, ce sont les actions à destination
du public qui dominent (diffusion : 47 %, sensibilisation : 34 %),
qu’il soit général ou spécifique. La création est le dernier champ soutenu par
les entreprises mécènes de la culture (31 %).
D’une façon
générale, les entreprises se tournent plus naturellement vers la diffusion qui
leur semble plus simple à gérer et, surtout, plus facile à lier avec une dimension
de solidarité. La création peut faire peur aux entreprises en raison de la part
d’incertitude et de surprise qu’elle peut réserver.
La musique est
le domaine culturel le plus soutenu par les entreprises (39 %), suivi par les expositions
dans les musées et les arts vivants, à égalité (19 %).
La
musique est un domaine culturel large qui recouvre notamment des actions
locales, à l’instar des festivals, très nombreux en France.
C’est
également un domaine qui véhicule des valeurs très proches de l’entreprise (esprit
d’équipe, écoute des autres, harmonie du résultat, …) et qui est plus évident à
comprendre et peut-être plus universel, ne passant ni par les mots, ni par
l’image.
Les
structures privées et publiques sont soutenues par les entreprises à un niveau
très proche (respectivement 38 % et 35 %), viennent ensuite les artistes et les
créateurs (23 %).
Les
entreprises mécènes comprennent bien les enjeux de rayonnement et de
renforcement de l’attractivité d’un territoire et soutiennent les structures
publiques et privées de la culture, qui sont toutes désormais dans une démarche
d’ouverture au monde de l’entreprise.
Le
secteur public représente toujours un secteur rassurant pour les entreprises,
son effet d’entrainement est important. De l’autre côté, le secteur privé peut
séduire l’entreprise par son indépendance, son dynamisme ou son innovation.
Les entreprises
qui s’engagent dans le mécénat culturel, le font d’abord pour renforcer leur
identité, se différencier (35 %), mais aussi participer à l’attractivité du
territoire dans lequel elles s’inscrivent (26 %). La troisième motivation
rejoint le goût personnel du dirigeant ou l’histoire de l’entreprise (26 %). En
région, les entreprises ont bien compris que l’attractivité culturelle,
attirant et fidélisant les habitants, devient très vite synonyme d’attractivité
économique. Par ailleurs, les nombreux clubs d’entreprises créés autour de
lieux culturels sont un véritable terreau d’échanges entre acteurs économiques.
Enfin, le
dirigeant de l’entreprise, en particulier chez les PME, incarne le mécénat dont
il est souvent l’inspirateur, en parfaite synergie avec la stratégie de
l’entreprise qu’il représente. Souvent, la politique de mécénat est aussi le
résultat de l’histoire de l’entreprise et l’incarnation de sa culture propre.
45 % des
entreprises mécènes de la culture sont également sponsors. Les deux démarches
sont complémentaires pour l’entreprise, qui bénéficie d’un affichage important
dans le cadre du sponsoring et/ou s’inscrit dans une relation porteuse de sens,
d’échanges et d’une vision partagée dans le cadre du mécénat.
dimanche 8 avril 2012
Le mécénat d’entreprise en France : l’enquête Admical-CSA 2012
Admical a publié le 2 avril les
résultats de son quatrième baromètre biennal du mécénat d’entreprise réalisé par
l’institut CSA avec le concours de Cap. Résultat global de l’enquête : le budget
du mécénat d’entreprise est stable, à 1,9 milliard d’euros en 2012 contre 2
milliards en 2010; près d’un tiers des entreprises françaises sont engagées
dans le mécénat (environ 40 000 entreprises, contre 35 000 en 2010). Pour Bénédicte
Menanteau, déléguée générale d’Admical: « une
augmentation de près de 15 % du nombre d’entreprises mécènes en pleine période
de crise n’est pas anodine. Elle montre que les entreprises sont là pour
l’intérêt général, même quand ça va mal. Elles sont à l’écoute des besoins de
la société et veulent y jouer un rôle, au-delà de leurs activités marchandes.»
Les PME, forces vives du
mécénat
Depuis plusieurs années,
Admical prédisait l’arrivée des petites entreprises sur le devant de la scène
du mécénat. Elles occupent désormais clairement le premier rang des mécènes :
32 % des entreprises de moins de 100 salariés sont mécènes, contre 27 % des
moyennes et grandes entreprises. Les PME représentent désormais 93 % des
mécènes (contre 85 % en 2010). Elles conçoivent leur engagement comme une occasion
de créer des liens avec les acteurs de leur territoire, pour le rendre
attractif et rayonnant.
Le social important, la
culture aussi
Le budget du mécénat
culturel, dont la chute avait inquiété en 2010, est à la hausse avec 26 % du
budget total, soit 494 millions d’euros, contre 380 millions en 2010. Dans un
contexte de crise, ce sont toujours les actions sociales, choisies par 36 % des
entreprises, qui raflent la plus grosse partie du budget (43 % soit 817
millions d’euros). Le sport, s’il est beaucoup choisi par les entreprises (39 %
des actions), est un domaine plutôt prisé par les PME et représente une part
moins importante du budget (6 %). Viennent ensuite la santé (17 % des
entreprises, 10 % du budget), l’éducation (8 % des entreprises, 10 % du
budget), la solidarité internationale (7 % des entreprises, 2 % du budget),
l’environnement (5% des entreprises, 4% du budget) et la recherche (5 % des
entreprises, 3 % du budget).
L’enquête souligne également
que les entreprises ont tendance à concentrer leur soutien sur un nombre limité
de domaines (1,5 domaine en moyenne, contre 1,9 en 2010), signe que la tendance
est au recentrage sur les fondamentaux de la politique de mécénat, pour plus de
lisibilité.
Lisibilité, clarification
des enjeux : le mécénat a désormais une place identifiée et stratégique au sein
des différents outils et engagements de l’entreprise, notamment la RSE et le
sponsoring. Les entreprises positionnent aujourd’hui le mécénat comme une
action qui permet de contribuer à l’intérêt général (57 %) tout en construisant
l’identité de l’entreprise (31 %). Pour les grandes entreprises, l’implication
des salariés dans la politique de mécénat est un enjeu prioritaire (pour 24 %
d’entre elles). Cela passe notamment par le mécénat de compétences, qui est en
augmentation chez les grandes entreprises : il est pratiqué par 31 % des
entreprises de 200 salariés et plus.
Focus
Nouveauté de l’enquête 2012
: Admical propose des études détaillées sur les pratiques de mécénat dans
plusieurs domaines : culture, environnement, solidarité internationale et
sport. Cet approfondissement a été rendu possible grâce à la participation de
quatre ministères : le ministère des Affaires étrangères et européennes, la mission
mécénat du ministère de la Culture et de la communication, la mission mécénat
du ministère de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement,
le ministère des Sports.
L'enquête d'Admical a été réalisée du 15 février au 2 mars 2012 auprès d'un échantillon représentatif de 734 entreprises, constitué selon la méthode des quotas.
L'enquête d'Admical a été réalisée du 15 février au 2 mars 2012 auprès d'un échantillon représentatif de 734 entreprises, constitué selon la méthode des quotas.
L’intégralité de l’enquête
est disponible sur le site internet d’Admical : www.admical.org
mercredi 15 février 2012
Mécénat culturel: propositions de l'Assemblée nationale
Le mécénat culturel ayant été secoué par la crise économique, la commission des affaires culturelles de
l’Assemblée nationale a mis en place le 16 février 2011 une mission
d’information sur les nouvelles formes du mécénat culturel. Un an et 25
auditions plus tard, la commission a publié le 15 février 2012 un rapport dans
lequel sont formulées treize propositions pour relancer le mécénat culturel,
notamment celui des particuliers et celui des PME qui représentent 85 % des entreprises
mécènes.
On retiendra parmi les propositions
de la commission:
- augmenter
le plafond des contreparties susceptibles d’être consenties aux particuliers
(qui passeraient de 20 à 100 euros)
- inciter à la conclusion de chartes éthiques du
mécénat par l’octroi d’un bonus fiscal en faveur des mécènes (pour les
particuliers, la réduction passerait de 66 à 70 %, pour les entreprises, de 60
à 65 %)
- renforcer
le soutien au spectacle vivant par la création d’une fondation sur le modèle de
la Fondation du patrimoine
- favoriser
l’émergence des pôles régionaux de mécénat
- mutualiser
les moyens des PME.
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