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lundi 24 septembre 2012

Le mécénat culturel territorial


Suite à la sortie de son Guide du mécénat culturel territorial aux Editions Territorial, l’Observatoire des politiques culturelles a organisé le 19 septembre à la Maison des cultures du monde, à Paris, un séminaire consacré au mécénat « source de financement du développement culturel des territoires ».
Elus et acteurs de terrain constatent unanimement que le mécénat culturel a changé de visage.
Tout d’abord, le mécénat culturel n’est plus l’apanage des seules grandes fortunes et grandes entreprises. Le mécénat individuel commence à  prendre corps et toutes sortes d’entreprises s’y investissent désormais. Charlotte Dekoker, responsable de la communication, des relations extérieures et des affaires publiques d’Admical, le souligne : 93% des entreprises mécènes sont des pme. Cette forte  proportion porte en elle l’explication d’une autre évolution : le mécénat s’est territorialisé. Toujours selon l’Admical, 86% des entreprises mécènes sont des entreprises territoriales.
Autre constat : le mécénat culturel se "socialise". Du côté des entreprises comme des particuliers, s’engager vers le mécénat constitue souvent une prise de responsabilité sociale et citoyenne. Aussi leurs démarches s’inscrivent-elles de plus en plus dans l’économie sociale et solidaire, dans des logiques de développement durable.
Enfin, dernière évolution notable, le mécénat culturel touche aujourd’hui des initiatives très variées dans leur nature, leur taille ou leur notoriété. Tous les domaines sont maintenant concernés : le patrimoine, les musées, le spectacle vivant sous toutes ses formes mais aussi l’audiovisuel, l’édition, la lecture, les arts visuels et numériques, etc …
Un phénomène nouveau est que les collectivités territoriales se tournent aujourd’hui vers le mécénat pour compléter le financement de projets culturels identifiés comme leviers de développement économique. Au moment du reflux des financements publics, la question de la diversification des ressources devient cruciale tant pour le milieu culturel que pour les collectivités territoriales qui prennent conscience du rôle que la philanthropie des entreprises et des individus peut jouer dans la construction de leurs politiques culturelles locales. Aussi sont-elles de plus en plus nombreuses à rechercher du mécénat sous toutes ses formes (financier, de compétence, en nature).
Des représentants des différents types de collectivités territoriales ont expliqué durant le séminaire comment ils se sont organisés pour rechercher du mécénat. La recherche de ressources privées est une opportunité pour renouveler des projets culturels. Une relation nouvelle aux particuliers comme aux entreprises s’avère non seulement une quête de ressources financières, matérielles ou encore de compétences, mais permet aussi de se constituer un nouveau public, de nouveaux ambassadeurs, etc ... Beaucoup d'intervenants ont toutefois fait part des difficultés rencontrées et des obstacles qui restent à surmonter. L'empilement des strates de décisions (Etat, régions, départements et communes) dilue souvent les responsabilités et complique parfois l'attribution des subventions. A comparer les propos de Laura Exposito Del Rio, chef de la mission mécénat de la ville de Reims, et ceux de Véronique Cottenceau, chargée de la communication et correspondante mécénat de la DRAC Languedoc Roussillon, il semble que la tâche est nettement plus aisée aux bornes d’une ville qu’à celles d’une région.
Conscient que nombre de questions attendent encore des réponses, l'Observatoire des politiques culturelles a programmé pour le 12 décembre prochain une journée de formation intitulée: le mécénat culturel, une nouvelle voie pour les collectivités publiques? Renseignements auprès de Samia Hamouda: samia.hamouda@observatoire-culture.net.

mardi 17 juillet 2012

Le Premier ministre relance l'aménagement des berges de la Seine


Dans une lettre en date du 10 juillet, adressée au maire de Paris, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a levé toutes les réserves émises par son prédécesseur François Fillon concernant l’aménagement des voies sur berges de la Seine. Les travaux devraient commencer dès cet été pour s’achever au printemps 2013.
Quatre hectares piétonniers doivent être aménagés entre le musée d’Orsay et le pont de l’Alma.

lundi 16 juillet 2012

Finances publiques: la Culture devra contribuer à l'effort d'économie


Le rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, rendu par la Cour des Comptes au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, préconise certains arbitrages dans le domaine de la Culture. Face aux 33 milliards d’euros que le gouvernement devra trouver en 2013, la mission Culture est appelée à contribuer aux indispensables économies. Sont notamment visées, la Maison de l’Histoire de France et la Tour Utrillo.

vendredi 13 juillet 2012

Donation Yvon Lambert

L'Hôtel de Caumont
Officialisée le 18 novembre 2011, la donation de la collection d’art contemporain d’Yvon Lambert à l’État a été signée début juillet. On se souvient que des lourdeurs administratives on fait hésiter le galeriste parisien qui avait finalement obtenu l’engagement, à l’automne dernier,  que l’Hôtel de Caumont, où sa collection est déposée depuis 12 ans, serait complété par le bâtiment voisin, l’Hôtel de Montfaucon, siège de l’école d’art d’Avignon.

Nan Goldin
Estimé  à 90 millions d’euros, le don comprend 556 œuvres d’artistes du XXe siècle : Miquel Barcelo, Daniel Buren, Nan Goldin, Anselm Kiefer, Sol LeWitt, Richard Serra, Andres Serrano, Cy Twombly, ... Représentative de la création la plus pointue des cinquante dernières années, la collection Lambert est celle d'un marchand collectionneur qui s'est battu contre l'académisme pour se tourner, dès les années 60, vers les nouvelles avant-gardes (l'art minimal, l'art conceptuel, le land art) puis, dans les années 80 vers une nouvelle peinture plus figurative avant de s'intéresser, dans les années 90, à la photographie. Depuis plus de vingt ans, la vidéo, les installations, la peinture de jeunes artistes constituent l'essentiel des achats qui accroissent un fonds tourné vers la création en devenir.
L’ouverture des nouveaux espaces est prévue pour l’été 2015, après des travaux de 8 millions d’euros, qui permettront de tripler les surfaces pour atteindre 5 000 m². Ces travaux seront supportés par les collectivités territoriales.
La donation Yvon Lambert est la plus importante consentie à l’État depuis celle d’Étienne Moreau-Nélaton, en 1906.

lundi 28 mai 2012

Pourquoi vouloir priver les musées de l'argent du mécénat?

Comme beaucoup d'observateurs du monde culturel, Claire Bommelaer, journaliste au Figaro, s'inquiète des propos d'Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication, au sujet du mécénat (notre message du 18 mai). "Aujourd'hui, l'assertion d'Aurélie Filippetti, écrit Claire Bommelaer, fait mal aux institutions culturelles publiques françaises ou, au minimum, les met mal à l'aise. Les directeurs de musées, châteaux, théâtres ou opéras, ... doivent-ils comprendre que le nouveau gouvernement va faire en sorte de tarir la manne des entreprises? Et, si oui, vers qui devront-ils se tourner pour trouver l'argent nécessaire"?
Claire Bommelaer rappelle à juste titre que depuis 2003, la Loi Aillagon, qui incite les entreprises à financer la culture moyennant des incitations fiscales, a permis de multiplier par trois les sommes consacrées au mécénat culturel en moins de dix ans. Selon la dernière enquête Admical CSA, 494 millions d'euros seront consacrés au mécénat culturel en 2012. On sait que pour 100 euros dédiés à des restaurations d'oeuvres ou de monuments, 66 sont déductibles de l'impôt sur les sociétés et que le pourcentage de déductibilité s'élève à 90% quand l'oeuvre mécénée est un trésor national.
Financés jadis par l'Etat et les sociétés d'amis, les musées et les monuments historiques doivent désormais compter sur la billetterie et les entreprises pour pouvoir fonctionner. A titre d'exemple, le mécénat représente 12,5% du budget du musée du Louvre et couvrira in fine 70% du coût de son nouveau département des arts de l'Islam.
Comment se passer de l'argent privé alors que l'Etat devient impécunieux et qu'il faut absolument réduire le déficit public? Le nom de Wendel sur les murs du Centre Pompidou Metz fait mal à Aurélie Filippetti. Peut-être y-a-t-il encore place pour légiférer à nouveau afin de contenir plus encore le mécénat d'entreprise hors de toute logique de rentabilité et de relations publiques. "En arriver à priver les musées du mécénat des entreprises serait extavagant" conclut Claire Bommelaer.

vendredi 18 mai 2012

Aurélie Filippetti, ministre de la culture du gouvernement Ayrault 1

Paraphrasant François Hollande, Aurélie Filippetti a déclaré lorsque Frédéric Mitterrand lui a remis les clés de la rue de Valois, le 17 mai : « la culture n’est pas un luxe ; c’est ce qui rassemble ». On ne peut que se réjouir de cette déclaration et espérer que le budget de la nouvelle ministre sera effectivement sanctuarisé, comme l’a promis le Président de la République, pour lui permettre de mener une politique culturelle imaginative.
Autre point positif à retenir des premières déclarations d’Aurélie Filippetti : « il faut permettre à tous les enfants  d’avoir accès à la culture ».  Aussi promet-elle de travailler avec Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, à une meilleure diffusion de la culture artistique à l’école. L’éducation artistique dès le plus jeune âge est réclamé depuis des lustres car c’est un préalable à l’aboutissement de toutes les autres politiques culturelles. Aurélie Filippetti n’est pas la première à vouloir mettre en œuvre cette priorité. Espérons qu’elle pourra atteindre son objectif. Claude Mollard, qui sait de quoi il parle en la matière, ne cache pas que la séparation de la culture de l’éducation est un handicap au déploiement de l’éducation artistique à l’école tant il vrai que la coopération ministérielle en la matière dépasse difficilement le stade des bonnes intentions. A cet égard, un grand ministère de l’éducation nationale et de la culture aurait été le meilleur garant d’un vrai développement de l’éducation artistique à l’école. Ce noble objectif aura-t-il été une nouvelle fois sacrifié sur l’autel des querelles intestines ?
Ne faisons pas toutefois de mauvais procès à Aurélie Filippetti et espérons enfin que, devenue ministre, elle oubliera vite les propos qu’a tenus la député de Moselle au sujet du mécénat. « Les musées se bradent à des entrepreneurs », a déclaré au Monde Aurélie Filippetti, lors de la campagne pour l’élection présidentielle, avant d’ajouter: « quand je vois le nom de Wendel, issu de la dynastie qui a régné pendant des siècles sur l’acier en Lorraine, sur les murs du Centre Pompidou à Metz, cela me fait mal ».  De tels propos sont compréhensibles de la part de la fille d’un mineur de fond. Ils le sont beaucoup moins dans la bouche d’une élue responsable. Gageons que la réalité rattrapera vite la nouvelle ministre et que la rigueur qui n’épargnera pas son budget lui fera comprendre qu’il est dangereux de vilipender l’argent des mécènes !

lundi 14 mai 2012

Décentralisation culturelle

Bien que la campagne des présidentielles n'ait donné que peu de place aux sujets culturels, on prête à François Hollande la volonté de sanctuariser le budget de la culture, d'aider plus le spectacle vivant (au détriment du patrimoine?) et d'intensifier la décentralisation culturelle.  entreprises & mécénat, la revue d'Admical, consacre tout un article à ce dernier sujet.

vendredi 9 mars 2012

Création d’un fonds de dotation pour la démocratisation culturelle

Le ministre de la Culture et de la communication lancera le 14 mars prochain un fonds de dotation destiné à soutenir financièrement et à observer les bonnes pratiques en matière de démocratisation culturelle.
En cherchant à faire reconnaître la culture comme facteur de lien social, le fonds de dotation réunira des entreprises et des philanthropes.

vendredi 24 février 2012

Quel budget pour la culture en 2012 ?

Les députés ont adopté le 21 février, en première lecture, le projet de loi de finances rectificative pour 2012 à 301 voix pour, 207 contre et 8 abstentions. Ce texte, qui ramène la prévision de croissance de 1% à 0,5% pour cette année, prévoit notamment la mise en place de la TVA sociale et instaure une taxe sur les transactions financières. Il prévoit aussi d’amputer sérieusement le budget de la culture en 2012. La mission culture perdrait ainsi 34,1 millions d'euros, dont 21,1 millions pour le programme patrimoines, 3,5 millions pour la création et 9,4 millions pour la transmission des savoirs et la démocratisation culturelle ; la diplomatie culturelle subirait une baisse de 6,2 millions d'euros, tandis que le programme médias et industries culturelles s'allégerait de 22 millions d'euros. A cela s'ajoute, selon le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), une "ponction de 15 millions d'euros au minimum, dès 2012, sur les crédits de la culture", en vue de financer le projet de Centre national de la musique (CNM).

Le Sénat, majoritairement à gauche, a voté le 22 février une motion de procédure qui équivaut à un rejet du projet de loi de finances rectificative adopté par l'Assemblée nationale. Le Parlement a jusqu’au 7 mars pour adopter le budget 2012. A cette date, en effet, députés et sénateurs interrompront leurs travaux pour cause de campagne électorale.