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samedi 27 octobre 2012

Montpellier : l'attractivité par l'architecture


Depuis plus de trente ans, Montpellier mise sur l’architecture pour installer l’image d’une cité attractive. Le quartier néoclassique d’Antigone, conçu par Ricardo Bofil, a ouvert la voie. D’autres architectes de renom ont ensuite signé d’illustres réalisations : Bernard Reichen, l’écocité qui va vers la mer ; Paul Chemetov, la médiathèque Emile Zola ; Christian de Portzamparc, le quartier des Jardins de la Lironde ; Paul Buren, le parvis du musée Fabre.
Trois nouveaux bâtiments, inaugurés cet été, complètent désormais la liste. Porté par la région Languedoc-Roussillon, le lycée hôtelier Georges-Frêche a été conçu par Massimillano Fuksas. Zaha Hadid a signé de son côté Pierres Vives, bâtiment voulu par le conseil général de l’Hérault pour y abriter ses archives et quelques autres services. Enfin, après avoir déjà réalisé Montpellier son hôtel de ville, Jean Nouvel a dessiné le RBC Design Center.
L’histoire ne s’arrêtera pas là puisqu’un projet ambitionne d’aménager autour de la nouvelle gare TGV l’une des plus importantes opérations urbanistiques d’ Europe :  350 hectares confiés à Kees Christiaanse à qui est demandé de concevoir l’avant-garde de la ville du XXIème siècle.
Le coût de tous ces projets suscite bien sûr des critiques mais leurs protagonistes font valoir que leurs retombées sont loin d’être négligeables dans une région où le taux de chômage est trois points plus élevé que la moyenne nationale. Pour  compenser son modeste poids économique, Montpellier parie sur la construction d’un patrimoine attractif. Tout le pari repose sur la qualité des réalisations, leur intégration, leur complémentarité et demain leur maintenance. Certains projets réalisés dans le passé, comme le centre commercial du Polygone, dans le prolongement de la place de la Comédie,  laissent malheureusement sceptiques à certains égards.

lundi 24 septembre 2012

Le mécénat culturel territorial


Suite à la sortie de son Guide du mécénat culturel territorial aux Editions Territorial, l’Observatoire des politiques culturelles a organisé le 19 septembre à la Maison des cultures du monde, à Paris, un séminaire consacré au mécénat « source de financement du développement culturel des territoires ».
Elus et acteurs de terrain constatent unanimement que le mécénat culturel a changé de visage.
Tout d’abord, le mécénat culturel n’est plus l’apanage des seules grandes fortunes et grandes entreprises. Le mécénat individuel commence à  prendre corps et toutes sortes d’entreprises s’y investissent désormais. Charlotte Dekoker, responsable de la communication, des relations extérieures et des affaires publiques d’Admical, le souligne : 93% des entreprises mécènes sont des pme. Cette forte  proportion porte en elle l’explication d’une autre évolution : le mécénat s’est territorialisé. Toujours selon l’Admical, 86% des entreprises mécènes sont des entreprises territoriales.
Autre constat : le mécénat culturel se "socialise". Du côté des entreprises comme des particuliers, s’engager vers le mécénat constitue souvent une prise de responsabilité sociale et citoyenne. Aussi leurs démarches s’inscrivent-elles de plus en plus dans l’économie sociale et solidaire, dans des logiques de développement durable.
Enfin, dernière évolution notable, le mécénat culturel touche aujourd’hui des initiatives très variées dans leur nature, leur taille ou leur notoriété. Tous les domaines sont maintenant concernés : le patrimoine, les musées, le spectacle vivant sous toutes ses formes mais aussi l’audiovisuel, l’édition, la lecture, les arts visuels et numériques, etc …
Un phénomène nouveau est que les collectivités territoriales se tournent aujourd’hui vers le mécénat pour compléter le financement de projets culturels identifiés comme leviers de développement économique. Au moment du reflux des financements publics, la question de la diversification des ressources devient cruciale tant pour le milieu culturel que pour les collectivités territoriales qui prennent conscience du rôle que la philanthropie des entreprises et des individus peut jouer dans la construction de leurs politiques culturelles locales. Aussi sont-elles de plus en plus nombreuses à rechercher du mécénat sous toutes ses formes (financier, de compétence, en nature).
Des représentants des différents types de collectivités territoriales ont expliqué durant le séminaire comment ils se sont organisés pour rechercher du mécénat. La recherche de ressources privées est une opportunité pour renouveler des projets culturels. Une relation nouvelle aux particuliers comme aux entreprises s’avère non seulement une quête de ressources financières, matérielles ou encore de compétences, mais permet aussi de se constituer un nouveau public, de nouveaux ambassadeurs, etc ... Beaucoup d'intervenants ont toutefois fait part des difficultés rencontrées et des obstacles qui restent à surmonter. L'empilement des strates de décisions (Etat, régions, départements et communes) dilue souvent les responsabilités et complique parfois l'attribution des subventions. A comparer les propos de Laura Exposito Del Rio, chef de la mission mécénat de la ville de Reims, et ceux de Véronique Cottenceau, chargée de la communication et correspondante mécénat de la DRAC Languedoc Roussillon, il semble que la tâche est nettement plus aisée aux bornes d’une ville qu’à celles d’une région.
Conscient que nombre de questions attendent encore des réponses, l'Observatoire des politiques culturelles a programmé pour le 12 décembre prochain une journée de formation intitulée: le mécénat culturel, une nouvelle voie pour les collectivités publiques? Renseignements auprès de Samia Hamouda: samia.hamouda@observatoire-culture.net.

jeudi 23 août 2012

Marciac transforme son festival de jazz en projet culturel global



Le Off participe au projet global
Dans une interview accordée à Sud-Ouest (16 août 2012), Jean-Louis Guilhaumon, président de Jazz In Marciac, dresse un bilan provisoire de la 35ème édition du festival. Une fréquentation et une billetterie en hausse par rapport à l'année dernière ainsi que des recettes annexes stables laissent augurer que l’édition 2012 confirmera la bonne santé du festival malgré la conjoncture. Et que Jean-Louis Guilhaumon est en passe de relever le défi qu’il s’est fixé en 1977 : enraciner durablement son festival de jazz à Marciac et prouver ainsi qu’un projet culturel peut parfaitement fonctionner en zone rurale et y être un levier économique.
L'Astrada
La démonstration aura demandé 35 ans. Le temps nécessaire pour passer d’un simple festival de jazz à un projet culturel complet. Au fil des ans, des activités destinées à prolonger la manifestation se sont développées. Ce développement continu a trouvé une extension spectaculaire avec une nouvelle salle de spectacles de 500 places, destinée à accueillir toute l’année des spectacles de qualité dans toutes les disciplines du spectacle vivant. Elle a été baptisée : L’Astrada. Autrement dit "la destinée" en occitan. D'ici peu, L’Astrada aura le statut de salle conventionnée avec l'État, le Département, la Région et la Communauté de communes. Au cœur du Grand Sud-Ouest, au carrefour de quatre départements, il n'y a pas de raison pour que l'Astrada ne trouve pas son public.
Mais le projet de Jean-Louis Guilhaumon pour Marciac ne tourne pas qu’autour du spectacle vivant. La formation est un autre axe et les associations de JIM et Voy'jazz travaillent déjà par exemple en partenariat avec le lycée Pardailhan pour créer une filière jazz qui poursuivrait la formation au collège. Un autre projet est d’initier à Marciac des sessions de formation regroupant des orchestres européens déjà constitués et des musiciens d'Europe ou d'Amérique, sous le label JIM.
Qui dit spectacles dit accueil du public. Un public qu’il faut héberger et nourrir. Jusqu’à ce jour, se loger à Marciac n’est pas chose facile, notamment lorsqu’on recherche un établissement haut de gamme. Il faut aller à Auch ou Tarbes. Marciac entend se donner les moyens de ses ambitions avec la construction d’un hôtel 4 étoiles. Assurés que le projet culturel de Marciac s’inscrivait dans la durée, des commerçants entreprenants ont de leur côté investi pour accueillir les touristes culturels. Ainsi la chaîne de restaurants J’Go vient-elle d’ouvrir trois établissements rue Notre Dame.

mardi 14 août 2012

Un jardin extraordinaire au pays des barthes


A l’est de Bayonne, dans les barthes de l’Adour, la fille de Paul Haïm, marchand d’art et collectionneur disparu en 2006, a entrepris de perpétuer la mémoire de son père en préservant le jardin de sculptures qu’il a façonné sur les bords du fleuve, de l’autre côté d’Urt. Comment sauvegarder ce patrimoine unique? Le défi est d’autant plus délicat que le patrimoine en question relève du jardin secret …
Aristide Maillol - L'action enchaînée, 1906
A la fin des années 60, après une vie active de marchand d’art, Paul Haïm est devenu écrivain et propriétaire d’une ancienne ferme entourée d’un champ de maïs, à la frontière des Landes et du Pays Basque français. Là, il rédigea plusieurs livres de mémoires, des entretiens avec son ami l'artiste chilien Matta et des romans toujours inspirés par ses aventures dans le monde de l'art. Car derrière l’écrivain, sommeille toujours le collectionneur passionné qui va progressivement installer autour de sa propriété des œuvres que lui ont données certains de ses amis artistes ou qu’il leur a achetées. En quarante ans, Paul Haïm va ainsi faire de La Petite Escalère un jardin exceptionnel abritant sur 28 ha de forêt et de prairie une cinquantaine d'oeuvres d'artistes majeurs du xxème siècle : Antoine Bourdelle, Alexander Calder, Eduardo Chillida, Étienne-Martin, Fernand Léger, Aristide Maillol, Matta, Federica Matta, Joan Miró, Jorge Oteiza, Jean-Pierre Pourtier, Jean-Pierre Raynaud, Auguste Rodin, Niki de Saint Phalle, Zao Wou-ki,…
Ce jardin exceptionnel, Paul Haïm ne l’a pas fait seul. Il l’a réalisé avec son épouse, l’artiste peintre Jeannette Leroy, et Gilbert Carty, robuste jardinier landais infatigable. Après avoir été photographe de mode pour les magazines internationaux les plus prestigieux, Jeannette Leroy, en arrivant dans les Landes, est retournée à sa première vocation, le dessin et la peinture. C’est elle qui va donner au jardin de sculptures rassemblées par son mari une dimension supplémentaire, en faire un dialogue entre art et nature. Enfant du pays, Gilbert Carty a, lui, toujours vécu au rythme des humeurs de l’Adour, dans ce pays mi-eau, mi-terre que sont les barthes. C’est lui qui concrétise les idées de Paul et Jeannette, apportant opportunément sa connaissance du terrain.
Contrairement à d’autres parcs de sculptures, les oeuvres présentées à La Petite Escalère ne le sont pas dans un paysage tiré au cordeau. Elles sont souvent cachées, dans des lieux inattendus, au milieu d’une végétation luxuriante. Les découvrir se mérite. Il faut compter environ deux heures pour faire le tour de l’ensemble des œuvres exposées.
Fernand Léger - Femmes au perroquet, 1952
Las, depuis la disparition de Paul Haïm, Jeannette Leroy et Dominique Haïm sont confrontées à la préservation de ces œuvres dont plusieurs ont besoin d’être restaurées. Si les intempéries ne menacent pas trop les statues en bronze, elles sont par contre calamiteuses pour les mosaïques. Une mission d'expertise sur l'état sanitaire des oeuvres et des préconisations de restauration est en cours avec la DRAC Aquitaine et l'Ecole des Beaux-Arts de Tours. Elle doit permettre de mettre en place un programme de restauration de la collection.
Parce que le lieu est difficilement accessible, il est aujourd’hui inimaginable de l’ouvrir au public en permanence. Les ressources nécessaires à son entretien sont donc à rechercher par ailleurs. Une première piste envisagée par Dominique Haïm est de faire du jardin de son père un espace de réflexion, d'inspiration et d'échange autour de l'art, du paysage et de la nature. Une première étape  a consisté à cibler les publics prioritaires susceptibles d’être interpelés par le jardin : écoles d'art, de paysagisme, d'horticulture, artistes, créateurs, chercheurs, etc … (1). Soutenu par le ministère de la Culture et de la communication, un programme de résidences a, de son côté, pour vocation d'offrir à des écrivains, des plasticiens, des paysagistes, des architectes, des  historiens de l'art, des cinéastes, des musiciens, etc ..., une parenthèse d'inspiration et de réflexion dans un environnement propice à la recherche et à la création. Dominique Haïm place beaucoup d’espoir dans ces résidences d’artistees. Elle espère qu’elles permettront de valoriser le patrimoine naturel et culturel du lieu, qu’elles favoriseront et soutiendront la création artistique contemporaine régionale, nationale et internationale.
L’organisation d’expositions temporaires doit enfin permettre à La Petite Escalère  de s’ouvrir sur l’extérieur et de trouver une partie des ressources recherchées. En exposant chaque année, entre mai et octobre, les sculptures d'une grande figure de l'art moderne ou en invitant un créateur contemporain à installer une ou plusieurs œuvres dans le jardin, La Petite Escalère espère mettre en place un dialogue entre le jardin, son paysage, sa collection, et d'autres œuvres, construire des ponts entre le passé et l'avenir, permettre une relecture de sa collection, ouvrir enfin de nouvelles pistes de compréhension et de réflexion autour de la sculpture2.

Pour affronter tous ces défis et acheter de nouvelles œuvres appelées à enrichir le jardin, l'association Les Amis de La Petite Escalère a été créée en mars 2011. Cette association a pour vocation de fédérer les soutiens publics et privés, de lever des fonds et de développer des partenariats. Elle compte déjà une centaine de membres, parmi lesquels Marie-Laure Bernadac, conservateur général, chargée de l'art contemporain au musée du Louvre, Jean Glavany, ancien ministre, député des Hautes-Pyrénées, Ivan Levaï, journaliste, écrivain, Federica Matta, artiste plasticienne, Isabelle Mir, championne olympique de ski, etc …

Hériter d’un trésor n’est pas une mince affaire.

(1)   La Petite Escalère est également ouverte sur rendez-vous pour des groupes de dix à quinze personnes dans le cadre de visites payantes guidées (de mai à octobre)
(2)   Les 15 et 16 septembre prochains auront lieu des journées portes-ouvertes autour de l’œuvre de Cristina Iglesias. Pour tout renseignement : contact@lpe-jardin.org ou par téléphone : 06 32 52 91 01

samedi 28 juillet 2012

Les Fêtes de Bayonne célèbrent leur 80ème anniversaire


Le mercredi 25 juillet ont débuté, pour cinq jours, les Fêtes de Bayonne qui célèbrent cette année leur 80ème anniversaire. C’est en effet  le 13 juillet 1932 qu’ont été officiellement déclarées ouvertes les premières Fêtes de Bayonne après qu’une bande de copains de la section rugby de l’Aviron Bayonnais, revenus des Fêtes de Pampelune, propose de créer, dans le même esprit, celles de Bayonne. L'idée est aussitôt concrétisée par le comité des fêtes de l'époque, qui propose à la municipalité un programme accompagnant la célébration du 14 juillet : concerts, parties de pelote basque, courses de vaches dans les rues du Petit Bayonne, concours d'élégance automobile aux allées Paulmy, … Toutes ces dernières années, les Fêtes se déroulaient le premier week-end d'août. Mais cette année les organisateurs ont décidé de les avancer au dernier week-end de juillet pour tenter de contenir l'afflux des touristes. Pendant les Fêtes, la population de Bayonne (50 000 habitants) est multipliée par vingt. 
C'est à partir de 1947 que le maire a pris l'habitude de confier les clés de la ville à ses habitants. Trois clés pour trois quartiers : le Grand Bayonne, le Petit Bayonne et Saint-Esprit. Les clés sont jetées du balcon de la mairie par des invités vedettes. Johnny Halliday,  Julien Clerc, Jean-Jacques Goldman ,... se sont prêtés au jeu. Cette année, c’est Vincent Cassel qui a donné le top départ des Fêtes.
En 1969, Luis Mariano jette les clefs de la ville, vêtu de blanc et rouge, comme à Pampelune. Aujourd'hui, la tradition est respectée par tous, même par les visiteurs occasionnels, si bien que pendant les cinq jours des Fêtes pas une âme ne se promène dans d'autres couleurs; question d'égalité plus que d'uniformité. A Bayonne, le principe est le même que le déguisement du carnaval. Tout le monde fait la fête ensemble sans aucun jugement.
Au fil des années, diverses animations sont venues s'ajouter aux nombreuses coutumes liées aux Fêtes. Certaines sont indétrônables comme les courses de vaches, qui se déroulent sur une place du Petit-Bayonne. Depuis l'ouverture des Fêtes un tournoi de pelote rassemble place du Trinquet Moderne les plus grands champions de pelote à main nue.  La corrida, qui fait partie intégrante de la culture bayonnaise, accompagne aussi ces fêtes depuis 1933. Le corso lumineux, défilé de chars décorés, attire quant à lui de très nombreuses personnes. Les Géants fascinent quant à eux les enfants.
Les penas, associations participant toute l'année à la vie culturelle de Bayonne, sont très actives pendant les Fêtes. Chaque peña, selon sa raison d'être, apporte sa touche personnelle. On en compte plus de quatre-vingt.
Pendant cinquante ans, l’affiche des Fêtes a été conçue par Arnaud Saez. Depuis sa mort, c’est un concours qui sélectionne l’affiche, comme à Pampelune avec laquelle Bayonne est jumelée depuis 1960. Au demeurant, les échanges entre les deux cités sont anciens. Bayonne fut pendant longtemps le port de la Navarre.
Les Fêtes sont une aubaine pour l’économie de la ville mais elles coûtent cher (un million d’euros). Cette année les Bayonnais ont dû se mobiliser pour suppléer la défection du soutien du lunetier Alain Afflelou.

samedi 21 juillet 2012

L'heure est à la mutualisation

Le musée Fabre de Montpellier et le musée des Augustins, à Toulouse, présentent jusqu'au 14 octobre une exposition sur le mouvement caravagesque européen (Corps et Ombres, Caravage et le Caravagisme Européen). Tandis que le musée Fabre analyse les influences du maître lombard sur ses suiveurs romains, français et espagnols, le musée des Augustins se penche sur la répercussion de l'esthétique caravagesque sur les écoles nordiques. Au-delà du rassemblement des quelque 140 chefs-d'oeuvre présentés dans les deux musées, c'est l'écho qu'ils se renvoient mutuellement qu'il convient aussi de saluer. Cet écho passe notamment à travers un catalogue commun qui incite à parcourir les 250 kilomètres qui séparent Montpellier de Toulouse. Plutôt que de rivaliser, les deux métropoles régionales n'ont pas hésité à jouer la complémentarité pour attirer les visiteurs sur leur territoire respectif. Ainsi est démontré que non seulement la culture peut contribuer à l'attractivité d'un territoire mais également que la mutualisation de moyens intelligemment mis en oeuvre par des institutions culturelles peut renforcer cette attractivité.
Dans un tout autre ordre d'idée, la mutualisation des moyens et la concertation sont aussi les maîtres mots de la politique qu'entend mener Aurélie Filippetti, la ministre de la Culture et de la communication. Présentant les orientations générales de sa politique aux membres de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, le 11 juillet dernier, la ministre a en effet indiqué qu'elle entend renforcer la collaboration entre l'administration centrale de son ministère et les collectivités territoriales. Sont notamment visées, à ce niveau, les DRAC.
Parce qu'il permet une approche pluridisciplinaire et une mutualisation des moyens, Aurélie Filippetti entend aussi favoriser le rapprochement avec les autres ministères concernés par les dossiers relevant de sa feuille de route. Ainsi de l'éducation artistique avec Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale. Mais aussi de la décentralisation culturelle avec Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique, et du Grand Paris avec Cécile Duflot, ministre de l'Egalité des territoires et du logement.
Aurélie Filippetti dit vouloir avoir la même approche avec les dossiers européens.
A toute chose malheur est bon, dit-on. Manquer d'argent oblige à remettre en perspective les moyens d'atteindre ses objectifs. Souhaitons que l'éducation artistique, la révolution numérique et la création contemporaine, les trois priorités d'Aurélie Filippetti, bénéficieront de cette nouvelle approche.

mardi 17 juillet 2012

Le Premier ministre relance l'aménagement des berges de la Seine


Dans une lettre en date du 10 juillet, adressée au maire de Paris, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a levé toutes les réserves émises par son prédécesseur François Fillon concernant l’aménagement des voies sur berges de la Seine. Les travaux devraient commencer dès cet été pour s’achever au printemps 2013.
Quatre hectares piétonniers doivent être aménagés entre le musée d’Orsay et le pont de l’Alma.

vendredi 13 juillet 2012

Donation Yvon Lambert

L'Hôtel de Caumont
Officialisée le 18 novembre 2011, la donation de la collection d’art contemporain d’Yvon Lambert à l’État a été signée début juillet. On se souvient que des lourdeurs administratives on fait hésiter le galeriste parisien qui avait finalement obtenu l’engagement, à l’automne dernier,  que l’Hôtel de Caumont, où sa collection est déposée depuis 12 ans, serait complété par le bâtiment voisin, l’Hôtel de Montfaucon, siège de l’école d’art d’Avignon.

Nan Goldin
Estimé  à 90 millions d’euros, le don comprend 556 œuvres d’artistes du XXe siècle : Miquel Barcelo, Daniel Buren, Nan Goldin, Anselm Kiefer, Sol LeWitt, Richard Serra, Andres Serrano, Cy Twombly, ... Représentative de la création la plus pointue des cinquante dernières années, la collection Lambert est celle d'un marchand collectionneur qui s'est battu contre l'académisme pour se tourner, dès les années 60, vers les nouvelles avant-gardes (l'art minimal, l'art conceptuel, le land art) puis, dans les années 80 vers une nouvelle peinture plus figurative avant de s'intéresser, dans les années 90, à la photographie. Depuis plus de vingt ans, la vidéo, les installations, la peinture de jeunes artistes constituent l'essentiel des achats qui accroissent un fonds tourné vers la création en devenir.
L’ouverture des nouveaux espaces est prévue pour l’été 2015, après des travaux de 8 millions d’euros, qui permettront de tripler les surfaces pour atteindre 5 000 m². Ces travaux seront supportés par les collectivités territoriales.
La donation Yvon Lambert est la plus importante consentie à l’État depuis celle d’Étienne Moreau-Nélaton, en 1906.

mercredi 11 juillet 2012

Nouvelles inscriptions au patrimoine mondial de l'Humanité

La grotte de Béthléem
Décision contestée par Israël et les États-Unis, l’église de la Nativité du Christ, à Bethléem, en Palestine, a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril.
Cette décision a été prise en même temps que le comité du patrimoine mondial de l’Unesco complétait la liste du patrimoine mondial de l’humanité en y inscrivant douze sites supplémentaires.
En France, les 120 hectares du bassin minier de la région Nord-Pas-de-Calais, façonné par l’extraction séculaire du charbon, sont désormais classés. Parmi les autres sites inscrits figurent l’opéra baroque de Bayreuth, en Allemagne, le patrimoine archéologique de la vallée de Lenggong, en Malaisie, la tour funéraire iranienne de Gonbad-e Qabus, et la capitale marocaine Rabat.

dimanche 26 février 2012

L'ère des grandes métropoles


C’est un fait entendu, la population mondiale se concentre dans les villes et entre les grandes métropoles « nous sommes entrés dans l’ère de la compétition » assure Daniel Janicot dans le rapport qu’il vient de remettre au Président de la République suite à la demande que celui-ci lui a faite en janvier 2011 de réfléchir à la dimension culturelle du projet du Grand Paris. Dans sa lettre de mission, Nicolas Sarkozy écrivait au conseiller d’Etat, président de l’Agence pour la Vallée de la Culture : « au-delà des questions de transports et d’infrastructures, le Grand Paris doit être également un chantier culturel. La culture, qui signe notre appartenance à une histoire et à des valeurs communes, doit être un élément fédérateur et déterminant de la dynamique novatrice que le Grand Paris est en train de créer et je souhaite que soit développée la dimension culturelle de cet ambitieux projet ».
En concurrence avec New York, Londres, Sydney, Berlin, Amsterdam, Singapour, Bombay, Shanghaï, … Paris a des atouts. Encore convient-il de les conserver et les renforcer. Relevé des principales propositions et recommandations du rapport Janicot:

·         consolider le rayonnement international du Grand Paris culturel :

ü  mettre en place un programme d’"Ambassadeurs de bonne volonté" (Goodwill Ambassadors)

du Grand Paris

ü  élaborer un système de classement et d’évaluation de l’attractivité culturelle des grandes

métropoles mondiales sur le modèle du classement universitaire de Shanghai

ü  accueillir à Paris, à l’UNESCO, une conférence internationale sur les métropoles culturelles

mondiales

ü  renforcer la Commission Nationale française de l’UNESCO en lui donnant les moyens

nécessaires à son activité

ü  encourager l’inscription des villes du Grand Paris dans les réseaux de coopération culturelle internationaux et européens (Villes créatives, Urbact, ECCE, etc.)

ü  donner davantage d’écho à la Journée Internationale de la Francophonie et à son déroulement sur le territoire du Grand Paris

ü  mettre en oeuvre les recommandations de Gilles Pélisson en faveur de la relance du tourisme

d’affaires dans le Grand Paris et celles du rapport de Philippe Augier pour une politique des

"Grands Evénements"

ü  relancer la vie nocturne parisienne en améliorant les transports en commun de nuit et en

densifiant l’offre de lieux de divertissement en périphérie

ü  créer de nouvelles zones touristiques sur le territoire du Grand Paris et faciliter l’ouverture

prolongée des commerces, restaurants, services, lieux culturels le week-end et en soirée

·         renforcer l’hospitalité et l’ouverture à la diversité culturelle du Grand Paris :


ü  organiser un carnaval de toutes les cultures métissées présentes sur le territoire du Grand Paris

ü  améliorer les conditions d’octroi de visas aux artistes et créateurs dans le cadre d’une réforme

du dispositif "compétences et talents"

ü  renforcer la présence culturelle de la Chine et notamment celle de son centre culturel

ü  créer un centre des cultures africaines contemporaines

ü  conforter l’activité des centres culturels étrangers à Paris (notamment ceux des pays de

l’Europe de l’Est et des jeunes démocraties arabes) et mieux soutenir la Semaine des Cultures Etrangères, qu’ils organisent chaque année

·         faire du Grand Paris une vitrine de la création et de la créativité :


ü  créer une Cité internationale d’artistes sur le territoire du Grand Paris sur le modèle de la Cité

Universitaire du Boulevard Jourdan

ü  mettre en oeuvre le projet de réhabilitation de la Tour Utrillo (Clichy –Montfermeil) en un lieu

de création et d’animation artistique

ü  décider d’établir un grand plan en faveur des industries culturelles franciliennes à partir d’un

bilan "filière par filière" assorti de moyens financiers, humains et de soutiens spécifiques de

l’Etat (ministères de la Culture et de l’Industrie) et des collectivités locales

étendre la création de clusters et mettre notamment en place :

o    un cluster de l’image, des médias et de l’audiovisuel, pôle international de l’image

o    un cluster de l’édition, notamment articulé autour de la bande dessinée

o    un cluster de la gastronomie, articulé autour de la Cité de la Gastronomie et du Salon

de l’Agriculture

o    un cluster sur les cultures urbaines appuyé par la création d’un espace de référence

ü  fixer un quota obligatoire (1% des surfaces bâties) de résidences et d’ateliers d’artistes ou

de pépinières de jeunes entreprises innovantes, dans tous les programmes de construction se

développant dans le Grand Paris

ü  consolider tous les programmes "jeunes talents" en un seul projet distinctif et faire récompenser, comme aux Etats-Unis, ces talents lors d’une cérémonie présidée chaque année par le Chef de l’Etat

ü  soutenir les jeunes architectes en favorisant, dans le respect des règles de la concurrence, leurs possibilités de concevoir et de construire de nouveaux bâtiments

ü  créer un "master" d’architecture qui pourrait s’intituler "Institut d’architecture du Grand Paris"

et prendrait modèle sur le tout nouveau BIArch, le Barcelona Institute of Architecture

ü  confier aux artistes et aux créateurs, dans toutes les disciplines, des actions de mise en scène

et de révélation du chantier du Grand Paris à mesure de sa réalisation

ü  établir un schéma directeur du Grand Paris Numérique avec tous les acteurs du territoire

ü  créer un Grand Paris virtuel, un double 3D en s’inspirant de l’expérience d’Angers et de

Poitiers, en mobilisant Cap Digital ainsi que les opérateurs privés


·         encourager l’événementiel et la convivialité sur le territoire métropolitain :


ü  consolider le Festival de "l’Oh" et conforter son rayonnement métropolitain

ü  renforcer le rôle fédérateur du festival d’Automne et son déploiement à l’échelle du Grand

Paris

ü  initier au travers des institutions universitaires et de recherche un état des lieux de la dimension intellectuelle du Grand Paris et créer un festival des idées, interdisciplinaire, sur le modèle d’Adélaïde, Brisbane ou Aspen

ü  renforcer la vocation culturelle de l’Axe Majeur, des Tuileries aux Terrasses de Nanterre, et

créer un événement annuel à l’image des célébrations du Kurfürstendamm de Berlin

ü  décider que le Grand Paris accueillera avec l’ensemble des villes françaises, une "exposition

nationale", inspirée de l’exposition nationale suisse de 2002, et s’inscrivant dans l’esprit des

grandes expositions nationales inventées par la France de la Révolution


·         construire une identité forte pour le Grand Paris :


ü  doter le Grand Paris d’une identité visuelle et graphique unique et décliner une stratégie pour

l’utilisation de la marque et du label "Grand Paris"

ü  Lancer un appel à projets ouvert aux artistes, graphistes, designers et communicants visuels du monde entier pour la définition du logo Grand Paris

ü  créer une chaine de télévision (TNT) du Grand Paris, à vocation généraliste et fonctionnant

24h/24, s’inspirant de NY1

ü  repenser le mobilier urbain à l’échelle du Grand Paris et privilégier un mobilier urbain interactif, offrant notamment des informations sur l’offre culturelle

ü  favoriser la création de jumelages entre les villes du Grand Paris

ü  renommer les villes du Grand Paris : Paris-Asnières, Paris- Aubervilliers, Paris- Argenteuil etc


·         dynamiser les lieux du "vivre-ensemble" :


ü  intégrer rapidement dans les programmes des gares du futur métro du Grand Paris, avant la

mise à l’enquête publique, des projets culturels et artistiques

ü  inventorier les friches industrielles et les bâtiments désaffectés sur le territoire du Grand Paris et défendre une politique de protection ainsi qu’un quota d’affectation culturelle

ü  libérer les usages, en autorisant l’utilisation des écoles, gymnases, etc. pour des activités

culturelles et artistiques en dehors des horaires réservés à l’enseignement

ü  renforcer le lien entre culture et université en mettant en oeuvre les propositions du rapport

d’Emmanuel Ethis et en faisant des trois campus du Grand Paris des sites pilotes

ü  réunir un comité d’harmonisation paysagère du Grand Paris destiné à mieux maîtriser les

impacts paysagers des grands projets urbanistiques

ü  réunir un groupe de travail consacré à la valorisation culturelle de la Seine du Havre à

Paris avec les élus, les services concernés, les opérateurs culturels existants ou intéressés et

des créateurs, architectes, artistes, sous la responsabilité du Commissaire Général pour le

développement de la Vallée de la Seine

ü  revitaliser le réseau d’équipements culturels de proximité (Maison de la jeunesse et de la

culture, centres socio-culturels, maisons populaires).

·         améliorer la gouvernance culturelle du Grand Paris :


ü  mettre en place un observatoire culturel pour le Grand Paris en coordination avec l’Observatoire des politiques culturelles de Grenoble pour disposer de chiffres, de données, de statistiques et d’une cartographie culturelle précise et actualisée

ü  initier une politique d’optimisation institutionnelle déclinée en quatre volets par :

a) l’inscription d’un objectif de rayonnement métropolitain dans le cahier des charges des

grands établissements culturels de Paris et de la première couronne

b) l’intensification des mises en réseaux de lieux et d’acteurs culturels

c) la création de "faisceaux culturels" au bénéfice des zones rurales ou situées à la frange

de l’agglomération

d) le développement d’offres de billetterie culturelle groupées

ü  élaborer, avec la DRAC Ile-de-France, une classification des projets, initiatives, établissements, programmes de nature culturelle, existants ou projetés sur le territoire du Grand Paris, en trois catégories : projets d’intérêt national, projet d’intérêt métropolitain, projet d’intérêt local

ü  préparer des schémas directeurs de la culture pour chacun des huit départements de l’Ile-de-

France dans le cadre d’"Etats Généraux de la Culture", et les consolider dans un schéma

directeur d’ensemble

ü  mettre en place une plate-forme de concertation avec les villes situées à une heure de Paris sur les enjeux culturels et touristiques communs

ü  favoriser la mise en réseau du Grand Paris avec les métropoles culturelles régionales françaises par l’intermédiaire d’une Association de coopération et de coordination

ü  créer, à l’instar de Londres, un office de tourisme du Grand Paris unique en fusionnant les

structures existantes

ü  raccourcir les délais dans lesquels sont jugés les recours dirigés contre les actes d’urbanisme

pour les projets d’intérêt métropolitain en matière scientifique, éducative et culturelle, et relever les amendes de fol appel

ü  mettre en place une structure de gouvernance technique du Grand Paris de la culture sous la

forme d’une Agence pour le Développement Culturel du Grand Paris.