L’histoire d'amour entre Menton et Jean
Cocteau (1889 - 1963) commence dans les années 50 quand le poète visite les
biennales internationales de peinture et prend l’habitude d’assister au
Festival de musique classique organisé par la ville. A la même époque, alors
que Jean Cocteau termine les décors de la chapelle du port de Villefranche –
sur - Mer, le maire de Menton lui demande de décorer la salle des mariages de
l'Hôtel de Ville. L’artiste réalise alors deux fresques ; l’une sur le mur de
la salle des mariages ; l’autre sur un mur du cabinet du maire. Une première
empreinte de Cocteau vient de s'imprimer à Menton. En remerciement, la Ville
offre à Jean Cocteau le Bastion, un fortin du XVIIème siècle encré sur la digue
du vieux port. Le poète restaure lui-même l’édifice. Un « petit musée » Jean
Cocteau ouvre ses portes en 1966, trois ans après la mort de l'artiste.
Avec l’ouverture du bâtiment commandé à
Rudy Ricciotti, l’architecte du Louvre Lens, du département des arts de l’islam
au musée du Louvre et du Mucem à Marseille notamment, Menton se dote d’un
troisième endroit dédié à Jean Cocteau. Avec ce musée construit pour accueiller
la collection de Séverin Wunderman, Menton devient par ailleurs l'un des plus
riches ensembles muséaux d’œuvres du créateur.
Séverin Wunderman, a fait fortune aux
Etats - Unis dans l'horlogerie. Très tôt il s'est passionné pour l’œuvre de
Jean Cocteau au point de fonder en 1985, à Irvine, en Californie, un musée
dédié à l'oeuvre du poète et à ses amis artistes (Picasso, Modigliani, Foujita,
De Chirico). Ce sont les 1763 œuvres de ce musée que Séverin Wunderman a donné
à la Ville de Menton en contrepartie de la construction du musée qui ouvre ses
portes le 6 novembre 2011.
On verra dans quelques mois si le musée de
Rudy Ricciotti provoque à Menton le même effet d'entraînement que le musée
Gugenheim a engendré à Bilbao.
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