mardi 8 novembre 2011

Rapport à l'art

Faut-il connaître l’histoire de l’art pour apprécier l’art ? a demandé Arnaud Laporte le 7 novembre dans le cadre des Lundis du Grand Palais, qu’il anime.

Après que Thierry Geffrotin, musicien, rédacteur en chef à Europe 1, directeur du service culture, se soit demandé : qu’est-ce que veut dire « apprécier » ?, Nathalie Heinich, sociologue, directrice de recherche au CNRS, a tout bonnement refusé  l’injonction d’Arnaud Laporte, qu’elle juge élitaire.

Le goût pour l’art, fait – elle justement remarquer, peut se déployer dans deux registres : celui de la passion ou celui de la raison. Dans le premier cas, l’attirance pour une œuvre d’art viendra d’un choc, d’une émotion. Dans le second cas, cette attirance sera le fruit d’un enseignement. Les deux registres existent. Tous deux sont légitimes même si le monde des savants privilégie l’accès livresque à l’art.

Reste qu’une connaissance enseignée accroîtra le plaisir et surtout  qu’elle autorise une ouverture plus large à la réception de l’art. On touche ici au rôle de l’école. Et Claude Mollard, autre intervenant invité par Aranud Laporte, n’a pas manqué l’occasion pour dénoncer le peu de place laissé à l’enseignement artistique dans les programmes scolaires français. Peu éduqués, les petits Français ont peu de chance d’apprécier le travail des artistes si la nature ne les a pas dotés d’un appétit naturel ou si leur entourage ne se substitue pas au système scolaire. En ce sens, l’ancien collaborateur de Jack Lang a raison de dénoncer la querelle sclérosante qui oppose depuis 1959 le ministère de l’éducation nationale au ministère de la culture, le premier n’ayant jamais vraiment accepté la naissance du deuxième à partir de l’une de ses directions majeures, la direction des arts et des lettres.

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