mardi 14 février 2012

Nantes : la ville renversée par l'art

Du 1er au 5 février dernier, s’est tenue à Nantes la 18e édition de La Folle Journée, ce festival de musique classique créé par René Martin en 1995 et organisé chaque année fin janvier ou début février. Chaque festival est consacré à un thème différent : un compositeur ou plusieurs compositeurs d'une période donnée de l'histoire de la musique. Cette année, le "Sacre russe" a rassemblé quelque 2 000 musiciens qui ont donné près de 300 concerts allant de Tchaïkovski à l'actuelle avant-garde (Sofia Goubaïdoulina, l'Estonien Arvo Pärt, Alfred Schnittke), en passant par Glinka, les autodidactes du groupe des Cinq (Balakirev, Moussorgski, Cui, Borodine, Rimsky-Korsakov) et les musiciens du régime soviétique, expatriés ou non.
Au départ, La Folle Journée avait lieu le samedi et le dimanche. Elle dure maintenant du mercredi au dimanche et s'est étendue à plusieurs villes de la région des Pays de la Loire. Depuis 2002, le week-end précédent, des concerts sont donnés à Challans, Cholet, Fontenay-le-Comte, La Roche-sur-Yon, La Flèche, Laval, Sablé-sur-Sarthe, Saint-Nazaire, Saumur, l’Ile-d’Yeu et Fontevraud-l’Abbaye. Le succès est tel que La Folle Journée a été exportée ces dernières années dans d'autres villes du monde : Lisbonne (de 2000 à 2006), Bilbao depuis 2002, Tokyo depuis 2005, Rio de Janeiro depuis 2007, Varsovie et Niigata en 2010. En septembre 2012, le Canada aura sa Folle Journée à Montréal.
La Folle Journée est devenue une véritable entreprise et c’est aujourd’hui un moteur de développement pour la Ville de Nantes. Ses retombées économiques sont estimées à 10 millions d'euros. En 2012, 152 000 billets ont été vendus, sans compter les 60 000 billets des concerts décentralisés. Le prix réduit des places et l'accueil d'artistes de renommée internationale expliquent l’attractivité de la manifestation. Ils sont rendus possibles grâce à l'engagement de plusieurs collectivités territoriales à côté de l’Etat: la Ville de Nantes,  le Conseil régional des Pays de la Loire et le Conseil général de la Loire-Atlantique. S'ajoute à cela la coopération des transports publics  locaux qui mettent en place des navettes régulières et gratuites pour les détenteurs d'un pass ainsi que des billets de train TER à 10 euros pour toute la région. De leur côté,  les artistes acceptent des cachets inhabituellement faibles. Les médias partenaires (Ouest France, Télérama, Le Monde de la Musique, France Musique, Arte, Mezzo) relaient fortement l'événement et déploient ainsi sa notoriété dans tout l’hexagone . Le coût de la manifestation, 4 540 000 euros, est couvert à hauteur d’un million d'euros par différents sponsors. La Ville donne la même somme.
Depuis 1995, le festival a connu une croissance spectaculaire, passant de 25 000 spectateurs, 180 artistes et 35 concerts en 1995 à 200 000 spectateurs en 2012, 2 000 artistes et 284 concerts. 500 bénévoles ont participé à La Folle Journée 2012.  []Avec un programme de musiques espagnoles et françaises de 1860 à nos jours en 2013 et la présence espérée de Pierre Boulez, l’édition de l’an prochain a toutes les chances de confirmer la réussite du concept imaginé par René Martin.
La Folle Journée est assurément suffisamment originale et attractive pour accueillir chaque année un public plus nombreux, mais l’événement ne serait pas ce qu’il est devenu sans l’engagement de la Ville de Nantes dans la culture. Un engagement initié il y a vingt ans maintenant, qui se remet en perspective en permanence pour se développer et ainsi mieux s’ancrer sur le territoire.
Dernière initiative en date, la création début 2011 d’une société publique locale, Le Voyage à Nantes. Son objectif est de franchir une nouvelle étape pour imposer Nantes dans le concert des villes européennes qui ont choisi la culture et le patrimoine comme leviers d’attractivité et de créations d’activités.
La structure est dirigée par Jean Blaise, spécialiste de l’action culturelle itinérante, qui  a notamment créé la première édition de Nuit blanche à Paris, Estuaire et dirigé le festival Les Allumées et le lieu unique, scène nationale de Nantes.
En étant elle-même porteuse de projets, la structure allie valorisation culturelle et développement touristique. Elle gère le musée à ciel ouvert qu’est devenu Estuaire Nantes<>Saint-Nazaire et par délégation de service public Nantes.Tourisme, ainsi que le Château des ducs de Bretagne (dirigé par Bertrand Guillet) et Les Machines de l’île (dirigées par Pierre Orefice).
Société publique locale dont le capital est détenu par Nantes Métropole, la Ville de Nantes, la Région des Pays de la Loire, le Département de Loire-Atlantique, la Ville de Saint-Nazaire, les Communautés de communes Cœur d’Estuaire, Loire et Sillon et Sud Estuaire, Le Voyage à Nantes bénéficie également du soutien de partenaires économiques et institutionnels du territoire.

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